#1.1 : L'Innocence du présent de Charlotte Boyer
Première auteur à faire son entrée sur On attend de vous lire !, il s'agit de Charlotte Boyer.
Elle nous propose une nouvelle sur le thème : "Un tueur en série amnésique". Bonne découverte ! (^-^)
L'innocence du présent
« Je ne sais rien de plus. Je vous le jure ! »
– Pouvez-vous nous raconter à nouveau votre histoire Monsieur Jolas ?
– Eh bien avant de me retrouver dans cette ruelle, je ne me souviens de rien. J'avais du sang sur les mains et sur ma chemise. Elle était aussi déchirée. En regardant autour de moi, je ne voyais rien de familier. La ruelle était sombre car entourée par de grands immeubles. Il n'y avait pas d'arbres, seulement des poubelles. Je ne savais pas qu'il y avait un corps dans l'une d'elle ! Je me suis précipité vers la route et là, j'ai arrêté la première voiture. J'ai supplié pour qu'on m'emmène à l'hôpital le plus proche mais je devais faire peur dans mon état et chacun des conducteurs que j'ai arrêté a démarré en trombe en me voyant. Finalement, la police est arrivée, sans doute prévenue par des passants. Ils m'ont emmené. Dans leur voiture, alors que j'étais incapable de répondre à des questions aussi simple que donner mon nom ou mon adresse, le policier passager a donné l'hypothèse que j'étais peut-être amnésique. Ils m'ont d'abord emmené à l'hôpital pour voir si je n'étais pas blessé. On m'a fait passer un scanner mais rien d'anormal n'est apparût. Une fois au commissariat, on a pris mes empreintes digitales et encore posé des tas de questions dont j'ignorais les réponses. A la nuit tombée, j'ai appris que j'étais arrêté pour meurtre. Le sang qui se trouvait sur mes mains et ma chemise était celui d'une femme retrouvée dans l'une des poubelles de la ruelle que je leur avais indiqué. J'étais complètement perdu. Depuis, je vis un cauchemar. Le lendemain matin, on m'a annoncé que je resterai en prison un bout de temps et que j'allais passer en jugement pour huit autres meurtres commis ces neuf derniers mois. Et je suis devant vous aujourd'hui sans mémoire, seulement celles de ces semaines passées en prison. Je ne sais pas si je suis coupable. Ou si je l'étais. Oui, si je l'étais !
– Silence dans la salle ! Continuez Monsieur Jolas.
– Je ne suis pas cet homme capable de tuer de sang froid des femmes, de leur faire ces atrocités. Lors de l'enquête, on m'a dit qu'elle ressemblait toutes à mon ex femme mais même d'elle, je n'ai aucun souvenir ! Je le jure ! Je le jure ! Je le jure !
– Bien Monsieur Jolas. Vous pouvez retourner vous asseoir. J'appelle maintenant le Docteur Grunsberg. Docteur, vous savez que vous êtes sous serment.
– Oui.
– Êtes-vous le médecin qui a ausculté l'accusé lors de son arrivée à l'hôpital accompagné des policiers.
– Oui.
– Et qu'avez-vous vu ?
– Tout d'abord, mes premières impressions étaient que cet homme avait le même comportement que tous les amnésiques et qu'il semblait terrorisé par ce sang. Il ne savait pas d'où il venait. Ensuite, les scanners n'ont rien indiqué d'anormal.
– C'est courant.
– Non. Je pense que Monsieur Jolas ne se souvient de rien et ce n'est pas physique mais psychologique.
– Expliquez-vous.
– Eh bien les tueurs en série ne sont pas des assassins comme les autres. Ils ont une idée du mal extrêmement présente dans leur vie et ce, dès leur enfance. On ne se réveille pas un jour tueur. Là, nous avons des meurtres multiples accomplis par le même homme. Mais pour moi, cet homme n'est pas là.
– Vous voulez dire que Monsieur Jolas a renié cette personnalité ?
– Je pense qu'il a accomplit ce qu'il voulait faire. Sa fureur envers ces femmes s'en est allé ou bien il s'est dégoûté plus que ne le dégoûtaient toutes les femmes qui ressemblaient à son ex épouse. S'il se concentre, je pense que son souvenir le plus récent avant qu'il ne se retrouve dans la ruelle est une journée sans son épouse mais au temps où ils étaient ensemble.
– Merci Docteur. J'appelle maintenant le gendarme Bresson. Vous êtes également sous serment.
– Oui et je dirai la vérité.
– Pour vous, Monsieur Jolas a-t-il commis ces crimes ?
– Oui. Qu'il s'en souvienne ou non, c'est de ses mains que les victimes sont mortes.
– Monsieur Jolas semble pourtant désemparé.
– Oui, c'est vrai. J'étais de votre avis quand on l'a récupéré sur la route.
– Vous ne le pensez plus ?
– Vous n'avez pas vu les corps, ni parlé aux familles des victimes. Peu importe qu'il s'en souvienne ou non. Et puis la mémoire va et vient pour nous tous. Et la rancune aussi.
– Pour vous, il est dangereux ?
– Oui. Au fond, la haine est toujours là.
– Mais je suis innocent !!
– Silence Monsieur Jolas. Maître, terminez votre interrogatoire rapidement avant que votre client ne soit plus capable de se tenir.
– Oui, juste une dernière question Monsieur le Juge si vous me le permettez.
– Faites.
– Monsieur Bresson, si mon client ne se souvient de rien, si la médecine prouve que cet homme n'existe plus, n'est-il pas malade et innocent ?
– Silence dans la salle ! Monsieur Bresson, répondez s'il vous plaît.
– Malade oui. Innocent non. Pour moi, Jolas n'est pas mort. Le tueur est ici. Par contre, ses victimes, non.
– Très bien, le jury va se réunir. La séance est levée.
Six heures plus tard...
« Le jury a-t-il délibéré ? »
– Oui Monsieur le juge.
– Allez-y, nous vous écoutons.
– Dans l'affaire de Monsieur Jolas, jugé pour le meurtre de neuf femmes, nous déclarons l'accusé non coupable.
– Silence !
– En outre, nous condamnons Monsieur Jolas a séjourner dans un hôpital psychiatrique pour une durée d'au moins quinze ans.
– Très bien. Et moi, Juge Collez, demande à ce que dès la réapparition de l'auteur de ces meurtres, celui-ci soit emprisonné pour trente ans. La séance est levée.
Voici donc la première nouvelle, à partir d'aujourd'hui et ce jusqu'au dimanche 22 avril, vous allez pouvoir voter.
Petit rappel, un vote est un petit commentaire avec une note de 0 à 5, argumentée (^-^)
Cette dernière précision est de plus importante car une note seule n'a que peu d'intérêt et n'est pas très représentative. Je vous la demande seulement pour un petit bilan à la fin du mois mais je pense que ce qu'attendent vraiment les auteurs, c'est un petit avis. Merci
Petite précision : un auteur ne peut bien sûr pas voter pour sa propre nouvelle mais peut voter pour les nouvelles des autres ! (^-^) après tout, nous sommes tous des lecteurs ^^
Les votes pour ce texte sont clos ! (^-^)
Merci infiniment pour vos participations et bonne découverte des auteurs suivants.